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L’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, qui continue de susciter une forte émotion au Cameroun et au sein de la diaspora. Connais un tournant significatif à la suite des récentes déclarations de l’agent de renseignement Alain Ekassi. Ses témoignages, livrés dans un contexte judiciaire particulièrement sensible, contribuent à redessiner les lignes d’analyse d’un dossier déjà marqué par de nombreuses zones d’ombre.

Selon les propos attribués à Alain Ekassi, ce dernier met directement en cause l’ancien maire de Bibey, Martin Savom, qu’il désigne comme un acteur central dans la chaîne des événements ayant conduit à la mort du journaliste. Plus encore, l’agent affirme n’avoir jamais entretenu le moindre contact avec la Direction générale du renseignement extérieur (DGRE), institution longtemps évoquée, explicitement ou implicitement, dans l’opinion publique comme un rouage possible de l’affaire.

Cette déclaration est loin d’être anodine. Elle tend à affaiblir l’hypothèse d’une implication structurelle de certains services de renseignement et pourrait, à ce titre, conforter le travail d’instruction mené par le juge Sikati II. Ce dernier avait, rappelons-le, signé une levée d’écrou en faveur de Jean-Pierre Amougou Belinga, présenté jusqu’ici comme le principal suspect dans ce dossier à forte charge politique et médiatique.

D’un point de vue strictement juridique, les propos d’Alain Ekassi posent une question centrale : celle de la cohérence globale de l’accusation. Si l’agent de renseignement nie tout lien opérationnel avec la DGRE et réoriente la responsabilité vers des acteurs civils identifiés, l’architecture de l’accusation initiale s’en trouve fragilisée. Or, en droit pénal, et plus encore devant une juridiction militaire, la charge de la preuve demeure un impératif cardinal.

Dans ce contexte, la situation de Jean-Pierre Amougou Belinga mérite une relecture rigoureuse, détachée des pressions émotionnelles et des narratifs préconçus. En l’état des éléments rendus publics, et en tenant compte des témoignages versés au dossier, une issue semble s’imposer sur le plan procédural : la relaxe du prévenu, faute d’éléments suffisamment probants établissant sa responsabilité directe ou indirecte dans les faits reprochés.

Il appartient désormais au tribunal militaire de trancher, non sur la base des perceptions ou des attentes de l’opinion, mais au regard exclusif du droit et des faits judiciairement établis. Dans une affaire aussi emblématique, l’enjeu dépasse les individus concernés : il touche à la crédibilité de l’institution judiciaire et à sa capacité à garantir un procès équitable, même sous le poids d’une forte pression nationale.

L’affaire Martinez Zogo entre ainsi dans une phase décisive, où la rigueur juridique devra prévaloir sur l’émotion, et où chaque témoignage devra être apprécié à l’aune de sa valeur probante, et non de son impact médiatique.

GUY EKWALLA

Le limogeage précipité de Marc Brice, sélectionneur des Lions Indomptables, à seulement trois semaines d’une compétition majeure, n’est pas un épisode isolé mais le symptôme d’une crise profonde de gouvernance footballistique en Afrique. Alors que l’Europe bâtit ses victoires sur la stabilité et la planification, les sélections africaines semblent souvent naviguer à vue, enchaînant les entraîneurs au gré des crises et des pressions politiques. Comparaison internationale, données, enjeux économiques : plongée dans un système où durer est devenu un luxe.

Le banc le plus exposé du monde

Il existe dans le football un paradoxe universel : tout le monde réclame la stabilité… mais rares sont ceux qui lui laissent le temps d’agir.

En analysant les données mondiales, un constat s’impose :

  • 459 jours en moyenne,

  • 243 jours en médiane,
    voilà ce que dure réellement un entraîneur dans le monde, clubs et sélections confondus.

Autrement dit : en moyenne, un entraîneur ne termine pas deux saisons complètes.
Dans certaines zones — notamment en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud — la durée réelle est encore plus courte.

Mais derrière la statistique globale se cachent des dynamiques très différentes selon les continents.

Cameroun : l’instabilité comme norme

Le Cameroun est une nation de football, de passion, de tension aussi. Le statut des Lions Indomptables dépasse le cadre sportif : c’est une institution culturelle, un symbole national, un outil de communication politique.

Et cela se ressent sur la gestion du staff technique.

Sur les 10 à 12 dernières années : entre 5 et 7 sélectionneurs se sont succédé.

Certains sont restés quelques mois, parfois quelques semaines.
D’autres ont été poussés vers la sortie sans véritable projet alternatif derrière.

Le cas Marc Brice n’est donc ni isolé ni anecdotique.

Les raisons ?

  • Résultats jugés insuffisants.

  • Pressions médiatiques immédiates.

  • Interférences politiques.

  • Fédérations instables.

  • Absence d’un plan stratégique sur 4 ou 6 ans, comme dans les grandes nations.

En somme : le Cameroun change souvent d’entraîneur parce que son système rend impossible une vision long terme.

Europe : construire, planifier, durer

À l’opposé du modèle africain, les grandes nations européennes misent sur la stabilité comme levier de performance.

France : un cas d’école

Depuis 2012, Didier Deschamps incarne la continuité.
Plus de 13 ans à son poste : un record moderne.

Son bilan ?

  • Champion du monde 2018

  • Finaliste de l’Euro 2016

  • Finaliste mondial 2022

  • Vainqueur de la Ligue des Nations 2021

  • Une série d’éliminations toujours au minimum en quarts ou demi-finales

La France a compris qu’un projet international se construit sur des longs cycles.
Une sélection, ce n’est pas un club : les joueurs se retrouvent peu, les automatismes se fabriquent dans la durée.

Belgique : stabilité raisonnée

Avec Roberto Martínez puis Domenico Tedesco, la Belgique a privilégié des mandats continus, généralement proches dès trois ans minimum.
Cette paix technique a accompagné la fameuse “génération dorée”.

Angleterre, Brésil : changement oui, brusquerie non

Gareth Southgate est en poste depuis 2016.
Au Brésil, les cycles duraient habituellement 3 à 4 ans, alignés sur les Coupes du monde.

Bref : en Europe, le changement se prépare. En Afrique, il se subit.

Et la Chine ? Le cas du football émergent

La Chine illustre un autre modèle : celui d’un pays en construction sportive.
Les sélectionneurs s’y succèdent rapidement, souvent tous les 1 à 2 ans, mais dans le cadre d'un projet d’État où l’expérimentation est assumée.

→ L’instabilité y est stratégique, pas chaotique.

Changer un entraîneur à trois semaines d’une CAN : un pari presque perdu d’avance

Le Cameroun a déjà vu des miracles. Mais en football moderne, les miracles deviennent rares.

Changer un sélectionneur à 3 semaines d’un tournoi pose quatre problèmes majeurs :

  1. Aucun système de jeu n’est assimilable en si peu de temps.

  2. Les joueurs perdent leurs repères, surtout dans une équipe où les automatismes sont déjà fragiles.

  3. Le climat interne devient électrique : certains gagnent leur place, d’autres la perdent.

  4. La préparation mentale est fragilisée, alors que la CAN exige une concentration absolue.

Même si le nouveau coach était déjà dans le staff technique, trois semaines restent extrêmement courtes dans une préparation internationale.

Les chances de réussite ?

Mathématiquement faibles.
Historiquement rares.
Sportivement fragilisées.

CAN 2025 au Maroc : les favoris n’ont rien d’un hasard

Même si le Cameroun aborde la compétition en pleine transition technique, d'autres nations avancent avec une trajectoire plus claire.

Les favoris probables :

  • Maroc : continuité, effectif mûr, projet fédéral structuré.

  • Sénégal : Aliou Cissé, en poste de 2015 à 2024,puis remplacé par Pape Thiaw, est un symbole de stabilité africaine.

  • Côte d’Ivoire : dynamique positive après le titre continental.

  • Égypte : expérience, discipline tactique, culture de la compétition.

La logique est implacable : ceux qui construisent, gagnent. Ceux qui improvisent, espèrent.

Pourquoi le football africain manque-t-il d’attractivité ? Le nerf de la guerre : l’argent

La question des salaires

J'évoque ici la prise de conscience qu'un salaire moyen de 1 million FCFA par mois pour un joueur local pourrais permettre a ce que les joueurs africains performent et acquière le style de jeu africain perdu depuis belle lurette
Dans les faits :

  • seuls quelques clubs élites y parviennent,

  • la majorité tourne entre 200 000 et 500 000 FCFA,

  • les primes sont variables,

  • les retards de paiement fréquents.

Pourquoi l’Afrique ne peut-elle pas payer plus ?

Parce que les championnats :

  • n’ont pas de droits TV significatifs,

  • manquent de sponsors puissants,

  • souffrent d’infrastructures inadaptées,

  • n'ont pas d’industries dérivées rentables,

  • manquent de gouvernance professionnelle.

En Europe, un joueur moyen de Ligue 2 peut gagner 10 à 20 fois plus qu’un joueur de première division africaine.

Un cercle vicieux :

Faibles salaires → exode massif → baisse du niveau → faibles revenus → et retour au point de départ.

Alors, combien de temps un sélectionneur devrait-il réellement durer ?

Dans le monde idéal :

  • 3 à 6 ans, soit le temps d’un cycle complet (CAN + qualifications + Coupe du monde).
    C’est le standard des nations performantes.

Dans la réalité africaine actuelle :

  • 12 à 18 mois en moyenne,

  • 2 à 3 ans pour les longs mandats,

  • 4 ans et plus est exceptionnel.

Didier Deschamps : le standard ultime

Avec plus de 14 ans à la tête des Bleus, il établit un record moderne comparable à ceux des grandes dynasties (Löw, Óscar Tabárez…).

Il incarne ce que le Cameroun n’a pas :
une vision, une stabilité, une planification.

Ce que le Cameroun doit retenir de sa propre histoire

Le football n’est pas seulement une question de talent.
C’est une question de temps, de structure, de continuité.

Le Cameroun a les joueurs, la culture, la passion.
Ce qui lui manque, c’est ce que l’Europe a compris depuis longtemps :
un projet ne se change pas comme un schéma tactique.

Si les Lions Indomptables espèrent redevenir une puissance africaine stable, ils devront faire ce que le football exige le plus — et que la politique accepte le moins :
laisser un entraîneur travailler.

Guy EKWALLA

 

Incarcéré depuis 2023 dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, Jean-Pierre Amougou Belinga demeure au cœur d’un tourbillon judiciaire et politique qui divise l’opinion camerounaise. Alors qu’une ordonnance de mise en liberté signée par le juge Sikati avait brièvement laissé espérer un dénouement favorable, son maintien en détention soulève de nombreuses questions. Suspecté à tort selon ses soutiens de viser le fauteuil présidentiel, l’homme d’affaires a pourtant toujours affiché une loyauté sans faille envers le président Paul Biya. Visionnaire économique, patron influent, figure respectée de la diaspora, le Zom'loa des Zoml'oa  continue d’alimenter débats, interrogations et mobilisation autour d’une seule revendication : sa libération.

 

I. Un nom qui dépasse le simple champ médiatique

Jean-Pierre Amougou Belinga n’est pas seulement un patron de presse. Il est devenu au fil des années l’une des figures les plus marquantes de la scène économique camerounaise. Issu d’un parcours atypique, souvent cité comme modèle d’ascension sociale, il a bâti un empire médiatique allant du journal L’Anecdote aux chaînes de télévision Vision 4, Télésud au magazine Africa Express et plusieurs autres du groupe l’Anecdote.
Un empire bâti sur l’ambition, la discipline et l’audace, qui lui a valu le respect d’une partie de la population et de la diaspora, où son nom est synonyme de réussite, leadership et patriotisme économique.

Un homme de pouvoir, mais pas un homme politique

Contrairement aux rumeurs qui ont circulé à certains moments de son ascension, Jean-Pierre Amougou Belinga n’a jamais affiché d’ambition présidentielle. Ses prises de position publiques, tout comme son engagement à travers ses médias, l’ont toujours présenté comme un allié déterminé du président Paul Biya.
Il a financé, soutenu et promu les actions du chef de l’État, ne s’en cachant jamais.
Les accusations de convoitise du pouvoir suprême apparaissent donc, pour beaucoup, comme une construction destinée à justifier le traitement sévère dont il fait aujourd’hui l’objet.

II. L’affaire Martinez Zogo : naissance d’un séisme national

Une disparition qui bouleverse le Cameroun

Lorsque le journaliste Martinez Zogo disparaît le 17 janvier 2023, puis est retrouvé mort cinq jours plus tard dans des conditions atroces, le Cameroun est secoué. La pression médiatique et internationale s’intensifie, et les regards se tournent immédiatement vers les pouvoirs publics, les services de renseignement… et le monde des médias.

La machine judiciaire se met en route

Dans un climat lourd, la justice ouvre un dossier tentaculaire visant plusieurs responsables sécuritaires et personnalités publiques.
Très vite, Jean-Pierre Amougou Belinga est cité, puis arrêté, avant d’être placé en détention provisoire.
Le choc est immense : comment un patron de médias, dont la rivalité professionnelle avec Zogo était connue, mais sans gravité apparente, aurait-il pu commanditer un acte aussi extrême ?

Pour ses proches, ses collaborateurs et la diaspora, l’accusation est non seulement infondée, mais relève d’une machination.

III. L’ordonnance de libération qui fait trembler la justice

Une première signature qui confirme les doutes

Fin 2023, une ordonnance de mise en liberté portant la signature du juge d’instruction Sikati II circule.
Cette ordonnance affirme que la détention de Jean-Pierre Amougou Belinga n’est plus nécessaire pour la manifestation de la vérité.
Pour beaucoup, c’est la preuve que le dossier manque de fondements solides.
Ses avocats jubilent : justice est enfin en train de suivre son cours.

Mais soudain, un revirement spectaculaire

À peine l’ordonnance rendue publique, une seconde signature du même magistrat apparaît… affirmant que la première serait un faux.
Un revirement qui plonge l’opinion dans la stupeur et renforce la conviction d’une partie de la population qu’un bras de fer interne secoue les coulisses de la justice camerounaise.
Comment un juge d’instruction peut-il démentir sa propre signature ?
Pourquoi cette volte-face au moment précis où la libération devenait possible ?

Les critiques parlent d’influence, de pressions, de manipulations. Les défenseurs de l’État parlent, eux, de tentative de falsification du dossier.
Mais une certitude demeure : ce double document a entaché la crédibilité de la procédure.

IV. Des audiences qui s’enchaînent, mais une position qui ne change pas

Malgré les déclarations contradictoires au sein du dossier, malgré la confession d’un co-accusé se déclarant coupable, le tribunal militaire maintient Jean-Pierre Amougou Belinga en détention.
Pour la défense, l’acharnement est évident.
Pour ses partisans, les motivations sont ailleurs :

  • volonté de l’écarter durablement du paysage médiatique ?

  • tentative de neutraliser un acteur économique trop influent ?

  • pression d’acteurs externes redoutant son pouvoir de mobilisation ?

Ce maintien en détention devient pour beaucoup difficilement justifiable au regard de l’évolution du dossier.

V. Pourquoi le tribunal militaire tient-il à le garder derrière les barreaux ?

Une décision qui interroge profondément

L’implication du tribunal militaire dans une affaire impliquant un civil alimente les débats.
Plusieurs analystes estiment que cette juridiction, par sa structure hiérarchique, est davantage sensible à l’exécutif que les tribunaux civils.
D’où une question centrale :
la détention d’Amougou Belinga est-elle vraiment une conséquence juridique, ou une décision d’équilibre politique ?

Pour ses soutiens, les motivations réelles seraient :

  • limiter son influence politique et économique,

  • le neutraliser dans une période de transition sensible au Cameroun,

  • ou encore empêcher l’émergence d’un pôle médiatique trop indépendant.

VI. La diaspora camerounaise : un soutien massif et inébranlable

Dans les capitales européennes, la diaspora camerounaise s’exprime d’une seule voix :
Jean-Pierre Amougou Belinga doit être libéré.

Pour beaucoup d’entre eux, il est :

  • un entrepreneur visionnaire,

  • un employeur de milliers de jeunes,

  • un mécène et bâtisseur,

  • un symbole d’ascension sociale et de patriotisme économique.

Il bénéficie d’un véritable capital sympathie, fruit de ses investissements, de ses actions sociales et de sa générosité.
Son surnom — « le Zom'loa des Zom'loa » — reflète cet attachement affectif, mêlant respect, admiration et reconnaissance.

Pour ces communautés expatriées, son emprisonnement est vécu comme un affront, une injustice, voire une tentative d’étouffer les élites économiques nationales.

VII. Un homme utile au Cameroun, pas derrière les barreaux

Qu’on l’aime ou qu’on le critique, un fait demeure :
Jean-Pierre Amougou Belinga a créé des emplois, formé des professionnels, soutenu l’éducation et participé à la modernisation du paysage audiovisuel camerounais.

Pour la jeunesse qu’il emploie, il n’est pas seulement un patron :
il est un modèle.

L’empêcher de travailler, c’est priver le Cameroun d’un acteur économique de poids, dans un pays où l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat sont des enjeux cruciaux.

VIII. Au-delà du cas Amougou Belinga : un miroir tendu à la justice camerounaise

Un procès qui dépasse la personne et englobe tout un système

L’affaire Belinga est devenue un symbole :

  • symbole des tensions internes,

  • symbole du rapport entre justice et exécutif,

  • symbole du poids de l’opinion publique,

  • symbole du rôle de la diaspora dans les débats nationaux.

La façon dont ce dossier sera bouclé déterminera, pour beaucoup, la perception de la justice camerounaise dans les prochaines années.

 Un dossier qui appelle vérité, courage et transparence

L’affaire Jean-Pierre Amougou Belinga n’est pas seulement judiciaire. Elle est politique, sociale, économique, symbolique.
Elle met à nu des fragilités, des tensions et des contradictions dans un système où les frontières entre pouvoir, justice et influence sont parfois floues.

Pour ses partisans, il est innocent.
Pour ses accusateurs, il est un acteur clé du dossier Zogo.
Pour sa diaspora, il est un pilier, un repère, un bâtisseur.

Ce qui est certain, c’est que le Cameroun joue une partie de son image dans la manière dont ce dossier sera traité jusqu’au bout.
Et que la question restera brûlante tant que justice, transparence et vérité ne seront pas pleinement établies.

Guy EKWALLA


La première édition du grand rassemblement traditionnel Sawa au cœur de l’Europe

Le peuple Sawa du Benelux s’apprête à vivre un moment historique : la première édition du Ngondo Bruxelles, prévue le 6 décembre 2025. Cet événement exceptionnel, organisé par l’Association des Sawas du Benelux, marquera une étape symbolique dans la valorisation et la transmission des traditions ancestrales Sawa en Europe.

Le Ngondo, véritable pilier culturel et spirituel du peuple Sawa, est bien plus qu’une simple fête. C’est une communion avec les ancêtres, un rituel de reconnexion aux racines, un espace de paix, de sagesse et d’unité communautaire. À travers chants, danses, rituels traditionnels et échanges culturels, les participants revivront la profondeur et la richesse d’une civilisation fondée sur le respect, la solidarité et la mémoire.

L’édition 2025 à Bruxelles s’annonce comme un pont entre tradition et modernité, réunissant toutes les composantes du peuple Sawa — Douala, Bakoko, Bakweri, Balimba, Bankon et bien d’autres — dans un même élan de fraternité.

Au-delà de la célébration, le Ngondo Bruxelles 2025 portera un message fort : celui de la préservation du patrimoine spirituel et culturel Sawa, transmis de génération en génération, et désormais célébré au cœur du Benelux.

? Date : Samedi 6 décembre 2025
? Lieu : Bruxelles salle proximus lounge à Ever 
? Heure : À partir de 20h

 https://youtube.com/shorts/InmmeewMTiM?si=F7xX997QxJ2ggDOj

Ngondo Bruxelles 2025 — Ensemble avec les ancêtres, la tradition continue.

Guy EKWALLA

 

Côte d’Ivoire : Bruxelles salue les garanties d’une présidentielle sous haute vigilance

À quelques semaines d’une élection présidentielle cruciale, la Côte d’Ivoire cherche à rassurer ses partenaires internationaux.
Lors d’une conférence de presse tenue au Press Club Europe de Bruxelles, le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly, a détaillé les mesures prévues pour assurer un scrutin « conforme à la Constitution et au code électoral ».

En présence de diplomates, d’hommes d’affaires et de représentants de l’Union européenne, le ministre a insisté : « Ce n’est pas l’Europe qui dicte les règles », rappelant que l’absence de certains partis dans la course électorale relève de leurs propres choix.

Au cœur des préoccupations figurent également les réseaux sociaux, que le gouvernement entend réguler afin de prévenir les fausses informations et les tensions.
Amadou Coulibaly a par ailleurs réaffirmé la détermination d’Abidjan à lutter contre le terrorisme et le blanchiment d’argent, des signaux perçus comme rassurants par les partenaires européens.

Mais malgré ces engagements, l’inquiétude persiste.
Les populations gardent en mémoire les crises post-électorales de 2010 et les violences qui avaient suivi.
À l’approche du scrutin d’octobre, le contexte politique reste fragile.

Le ministre a toutefois conclu sur une note d’optimisme, assurant que la Côte d’Ivoire est prête à organiser une élection libre, transparente et apaisée, en appelant le peuple ivoirien à la paix et à la sérénité.

 

guy Ekwalla

Affaire Amougou Belinga : entre justice, politique et incertitudes, un procès qui engage l’avenir du Cameroun

Un rejet catégorique, mais une innocence toujours possible

Le tribunal militaire de Yaoundé a une nouvelle fois refusé la liberté provisoire à l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga, principal mis en cause dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
Pour les juges, la gravité des charges et la sensibilité du dossier justifient ce maintien en détention, au nom de la protection des témoins et du bon déroulement des futures auditions.
Pourtant, il convient de rappeler que Jean Pierre Amougou Belinga n’a, à ce jour, été formellement incriminé par aucun des membres de la DGRE (Direction générale de la recherche extérieure) déjà poursuivis dans ce dossier. Cette réalité laisse ouverte l’hypothèse de son innocence, protégée par le principe fondamental de la présomption d’innocence, pierre angulaire de tout État de droit.

Plus de 900 jours de détention : une tension entre droit et réalité

Placée en détention provisoire depuis plus de 900 jours, la situation d’Amougou Belinga soulève des questions sur le respect des délais légaux fixés par le Code de procédure pénale camerounais.
La détention préventive, selon la loi, doit rester exceptionnelle et strictement encadrée. Or, la prolongation de cette privation de liberté, sans verdict définitif, alimente le débat sur l’équilibre entre l’exigence de justice et la garantie des droits fondamentaux.
Les observateurs y voient un test pour la crédibilité du système judiciaire, souvent accusé d’être perméable aux pressions politiques.

Une libération aux conséquences multiples

Si la liberté provisoire avait été accordée, ses conséquences auraient été majeures.

  • Sur le plan judiciaire, Amougou Belinga aurait pu mieux préparer sa défense et affirmer publiquement son innocence.

  • Sur le plan politique et médiatique, ses adversaires redoutaient qu’une telle libération n’ouvre la voie à des pressions sur les témoins, voire à une influence indirecte sur l’opinion publique grâce à ses réseaux économiques et médiatiques.
    Ainsi, le maintien en détention, tout en garantissant le bon déroulement de l’instruction, alimente paradoxalement l’idée d’un procès sous haute tension politique.

L’ombre du contexte électoral

Ce procès se déroule alors que le Cameroun s’approche d’un tournant historique : la perspective d’une transition politique et d’échéances électorales décisives.
Dans ce climat, chaque décision judiciaire est perçue comme un signal, voire une arme, par les différentes forces en présence.
La coïncidence entre le calendrier électoral et la lenteur du processus judiciaire soulève une question sensible : la justice agit-elle en toute indépendance, ou ce dossier est-il devenu un levier dans les luttes d’influence autour de l’après-Biya ?

Un symbole pour la société camerounaise

L’affaire Martinez Zogo dépasse largement le cadre d’un simple procès criminel. Elle cristallise la lutte pour la liberté d’expression, la protection des journalistes et la fin de l’impunité dans les crimes politiques.
Pour une partie de l’opinion, le rejet de la libération de Jean Pierre Amougou Belinga est une victoire symbolique dans la quête de justice pour Martinez Zogo.
Pour d’autres, c’est le signe inquiétant d’une justice qui pourrait sacrifier le respect des droits individuels sur l’autel de la pression populaire ou politique.

La question qui hante toujours l’affaire

Malgré des mois d’enquête et des auditions à répétition, les interrogations centrales demeurent :
 Qui a réellement donné l’ordre de tuer Martinez Zogo ?
 Qui a, en définitive, exécuté cet assassinat ?
Tant que ces réponses ne seront pas clairement établies, ni la douleur de la famille, ni l’attente de l’opinion, ni le besoin de vérité du Cameroun ne pourront être apaisés.

Pour ma part, il est à noter que :
Le maintien en détention de Jean Pierre Amougou Belinga illustre toute la complexité d’un procès à la croisée du droit et de la politique.
Dans un pays qui aborde une phase critique de son histoire, l’issue de ce dossier sera un révélateur : celui de la capacité du Cameroun à faire triompher une justice impartiale, loin des calculs électoraux et des pressions de l’opinion.

 

Nous entrons directement dans le vif du sujet. Mr Guy Andela, le RDPC est au pouvoir depuis

plus de quatre décennies. Quelles sont selon vous les réalisations majeures du gouvernement en.

Matière de développement économique et infrastructurel ? 

Merci pour la question.

Guy Andela Le bilan du président de la République, Son Excellence Paul Biya, est vraiment vaste. Je ne pourrai pas tout citer, mais je vais rappeler quelques points essentiels.

Sur le plan de la sécurité, vous savez que depuis plusieurs années, le Cameroun fait face à des crises, que ce soit avec Boko Haram à la frontière nigériane ou dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Grâce à la politique du président, notre pays reste stable.

Sur le plan de l’éducation, de nombreux centres de formation professionnelle et technique ont été créés. Avant, il n’y avait qu’une seule université à Yaoundé. Aujourd’hui, nous en comptons au moins huit à travers le pays.

Pour ce qui est de la santé, plusieurs centres de santé ont vu le jour. Partout sur le territoire, et des hôpitaux de référence ont été construits à Bertoua, Garoua, Douala, Bafoussam, entre autres, avec du matériel moderne de dernière génération.

Au niveau des infrastructures, beaucoup de routes ont été réhabilitées dans les grandes villes. Des autoroutes ont été construites, comme Yaoundé-Nsimalen, Yaoundé-Douala qui est presque terminée, et Douala-Kribi qui est en cours. Il y a aussi la création du port en eau profonde de Kribi et la modernisation du port de Douala. Sans oublier les barrages hydroélectriques de Memve’ele, Lom Pangar et Nachtigal. Sur le plan démocratique, le président Paul Biya a créé le Sénat, la Cour constitutionnelle et la Cour des comptes, des institutions qui n’existaient pas avant lui. Au niveau international, le Cameroun reste un acteur important en Afrique centrale et entretient d’excellentes relations avec des partenaires comme la Chine, l’Union européenne et les États-Unis. Je le répète, dire que rien n’a été fait, c’est être de mauvaise foi. Beaucoup a été accompli, mais il reste aussi des défis, comme la vie chère, qui touche le monde entier, notamment à cause de la guerre en Ukraine. Le président lui-même l’a dit : le Cameroun vise l’émergence à l’horizon 2035. Nous ne sommes qu’en 2025, alors il faut encore un peu de patience. J’ajoute aussi la modernisation des aéroports et la construction des stades pour la CAN 2021, qui font partie de ce bilan. En réalité, si on commence à énumérer toutes les réalisations du président Paul Biya, on n’en finirait pas.

GE journalister : l'opposition accuse le RDPC de verrouiller le système politique et de marginaliser les voix

dissidentes. Qu'en pensez-vous ?

 guy AndelaLe RDPC n’a absolument rien à voir avec ces accusations. Je l’ai déjà dit : le président de la République a créé ELECAM, un organe indépendant et très sérieux. C’est ELECAM qui écarte les partis qui ne sont pas en règle, pas le RDPC. Ce ne sont pas des étrangers qui viendront organiser les élections au Cameroun, ce sont bien les Camerounais eux-mêmes. On essaie souvent d’associer ELECAM au RDPC, mais c’est totalement faux. Le RDPC n’est pas favorisé par ELECAM, nous respectons les mêmes règles que tout le monde.

Aujourd’hui, il existe près de 300 partis politiques légalement reconnus au Cameroun. À l’Assemblée nationale comme au Sénat, des partis d’opposition siègent aussi. Le multipartisme, instauré dès les années 90, est bien la preuve que, même si le RDPC est majoritaire, l’espace politique reste ouvert.

C’est ça, la démocratie. Les Camerounais l’ont voulu. Si vous vous souvenez des événements de 1990, le peuple a marché pour réclamer le multipartisme, et nous y sommes. Le RDPC est un parti qui respecte les textes et les lois de la République.

GE journaliste: Est-ce que le RDPC gagnera les élections du 12 octobre 2025 ?

GUY Andela :  Oui, je peux vous le dire avec autorité et beaucoup d'assurance, le RDPC gagnera les élections du 12 octobre.

GE journalmiste : Pourquoi le RDPC gagnera les élections présidentielles du 12 octobre ?

guy Andela : C'est parce que le RDPC n'attend pas une année électorale pour être en campagne. Le RDPC bat campagne tout le temps, chaque année, dans les dix régions du Cameroun et même dans la diaspora. La preuve, je suis président de la section RDPC du Benelux. Vous me

voyez régulièrement, que ce soit au Luxembourg, aux Pays-Bas. Je n'ai pas attendu 2025 pour aller au Luxembourg, je n'ai pas attendu 2025 pour aller aux Pays-Bas battre campagne. Nous sommes en campagne tout le temps parce que nous organisons des meetings, des séminaires constamment. C'est pour dire que les Camerounais n'oublient pas. Alors, on ne vient pas le jour de l'élection pour dire que je suis candidat à moins de deux mois. Où voir à moins de deux mois de l'élection. Pour venir convaincre les Camerounais. Nous faisons du porte-à-porte tout le temps et chaque année.

GE journaliste : Le RDPC contrôle actuellement la majorité de l'Assemblée Nationale, du Sénat et la plupart des conseils municipaux. Ses réseaux militants s'étendent aussi bien au Cameroun qu'au sein de la diaspora. Peut-on dire que cette implantation solide vous donne un avantage décisif à l'approche du scrutin ?

 Guy Andela : C'est sous l'impulsion du Président National, Son Excellence Paul Biya qui n'a jamais baissé les bras que Le RDPC, est un rouleau-compresseur qui ne s'arrête jamais. Ils savent très bien, même ceux qui veulent s'attaquer au RDPC, ils le savent. Ils savent eux-mêmes qu'ils ne peuvent pas gagner le RDPC à une élection présidentielle ou à une élection législative. Comme je vous ai dit tantôt, nous, on n'attend pas le jour de l'élection pour aller raviver notre flamme. Elle est constante. Le RDPC est un parti présent, le RDPC est un parti constant et

régulier.

GE journaliste : quel est le message que vous pourriez adresser à vos électeurs ?

Chers frères et sœurs de la diaspora,
Le 12 octobre 2025 sera un rendez-vous décisif pour l’avenir de notre pays. Je veux vous dire, avec toute ma conviction, que le RDPC, sous la conduite du Président Paul Biya, reste le choix de la stabilité, de la paix et du développement.

Depuis plus de quatre décennies, notre président a su préserver l’unité nationale, renforcer nos institutions et engager des projets qui placent le Cameroun sur la voie de l’émergence. Nous savons que tout n’est pas parfait, mais les bases solides sont déjà là.

À vous, Camerounais de l’étranger, je dis ceci : votre voix compte. Même loin du pays, vous êtes une force pour le Cameroun. Votre engagement, votre participation et votre confiance sont essentiels pour poursuivre ce chemin de progrès.

Le 12 octobre, choisissons la continuité, choisissons la sécurité, choisissons l’expérience. Ensemble, assurons la victoire du président Paul Biya pour garantir à notre nation un avenir sûr et prospère.

Le Cameroun peut compter sur vous, et vous pouvez compter sur nous. GUY ANDELA président de la section RDPC du Bénelux 

GE  journaliste Le RDPC est-il un parti corrompu ?

guy Andela : Pourquoi le RDPC serait un parti corrompu alors que le Président National, Son Excellence Paul Biya, combat lui-même la corruption ? Il a dit à chaque fois qu'il a pris la parole, les voleurs au col blanc devront rendre gorge. C'est lui le maître, c'est lui le président.

 

l'ANALYSE DE MONSIEUR FRANCOIS WILSON ETOGA MESSINA CONSULTANT : 

GE journaliste:  L’opposition dénonce un échec social, notamment sur la réduction de la pauvreté et l’accès aux services de base. Comment répondez-vous à ces critiques

ETOGA : Merci de m’associer à cette discussion. L’« échec social » dans le contexte camerounais s’explique par le fait qu’une grande partie de la population éprouve encore des difficultés à accéder à l’éducation, à un emploi décent et aux services de base. Les conséquences directes de cette situation se traduisent par une pauvreté persistante et grandissante, l’exclusion de larges segments sociaux et la marginalisation de catégories entières de citoyens. Il faut également souligner le renforcement des clivages de classes, avec une différenciation sociale de plus en plus marquée. Comme le rappelle souvent le Dr Aristide Mono, « il y a les citoyens d’en BAS et les citoyens d’en HAUT ».

Cependant, ce constat ne saurait nous conduire à occulter les acquis sociaux enregistrés par le pouvoir au cours de ses quarante-trois années de gouvernance. Mon intention n’est pas de verser dans la propagande, mais de rappeler, à titre analytique, certains éléments factuels qui montrent que le président Paul Biya et ses gouvernements successifs ont mis en œuvre des politiques visant, du moins dans leur intention initiale, à relever le niveau de vie des Camerounais. Ces acquis concernent plusieurs domaines :

Éducation

• Multiplication du nombre d’universités publiques (passant d’une seule université nationale en 1993 à plusieurs universités d’État aujourd’hui).

• Extension des écoles normales, instituts polytechniques et grandes écoles spécialisées.

• Hausse des effectifs scolarisés, notamment dans l’enseignement primaire, malgré des disparités régionales persistantes.

Santé

• Création et réhabilitation d’hôpitaux de référence (par exemple l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, ou l’Hôpital général de Douala).

• Programmes élargis de vaccination avec l’appui de partenaires internationaux (polio, rougeole, paludisme).

• Développement du secteur pharmaceutique local (CENARES, mission d’approvisionnement en médicaments essentiels).

Infrastructures et services

• Construction et modernisation de grands axes routiers (Yaoundé–Douala, autoroute en cours).

• Extension du réseau électrique et de télécommunications, avec l’introduction de la 3G puis de la 4G.

• Investissements dans l’accès à l’eau potable, notamment dans certaines zones urbaines.

Emploi et protection sociale (encore limitées)

• Création du Fonds national de l’emploi (FNE) en faveur de l’insertion professionnelle.

• Début de mécanismes de sécurité sociale via la CNPS (pensions, couverture santé encore embryonnaire).

En dépit de ces réalisations, les résultats apparaissent largement insuffisants au regard des attentes sociales et de l’ampleur des défis contemporains. Cela illustre bien l’écart entre les objectifs affichés des politiques publiques et leurs effets réels sur le bien-être des populations.

Ce qui me conduit à penser que la persistance de ces difficultés sociales est étroitement liée à l’absence de souveraineté économique et monétaire du Cameroun. Sur le plan économique, le pays demeure largement dépendant des exportations de matières premières, des fluctuations des marchés mondiaux et des conditionnalités imposées par les institutions financières internationales. Cette dépendance structurelle limite la capacité de l’État à concevoir et à mettre en œuvre des politiques sociales durables, susceptibles de réduire les inégalités et d’assurer une redistribution plus équitable des ressources.

À cela s’ajoute la question monétaire : comme d’autres pays de la zone CEMAC, le Cameroun continue d’utiliser le franc CFA, une monnaie héritée de la période coloniale et arrimée à l’euro. Ce dispositif restreint fortement la marge de manœuvre de l’État en matière de politique monétaire et budgétaire. Le contrôle externe qu’il implique accentue la dépendance vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et entrave la définition d’un projet autonome de développement. Sur ce point précis, l’opposition ne se trouve pas en porte-à-faux avec la démarche du président Paul Biya. Au contraire sans vouloir faire un procès à cette opposition elle est plutôt manifestement en phase avec le projet colonial que la France a dessiné pour nos pays par le truchement de Jacques Foccart et son mécanisme du Franc des colonies françaises d’Afrique. Pour ma part, le leg du président de la république sur ce point précis n’est pas à négliger au regard des évolutions récentes dans la sous-région CEMAC qui est davantage orienté vers l’émancipation économique et monétaire en général et en particulier du Cameroun face au enjeux obligeant un vision multipolaire. La volonté déjà exprimée d’une rupture progressive avec le franc CFA s’inscrit dans cette perspective.

GE journaliste: Le Nord du Cameroun reste confronté à l’insécurité et au sous-développement. Pourquoi ces régions n’ont-elles pas bénéficié équitablement des fruits de la croissance ?

ETOGA : Le Cameroun, malgré une croissance économique mesurée par l'augmentation du PIB et le développement des infrastructures, demeure confronté à des inégalités régionales persistantes. Le Nord du pays, en particulier, reste marginalisé, souffrant de pauvreté, d'insécurité et d'un accès limité aux services de base. Cette situation est le résultat d'une combinaison de facteurs historiques, politiques et sociaux, où la volonté d'enrichissement personnel des élites politiques joue un rôle déterminant.

L'héritage colonial a laissé une structure étatique centralisée, où les ressources sont concentrées dans les régions du Sud, notamment Yaoundé et Douala. Cette centralisation a été renforcée par une dépendance idéologique persistante vis-à-vis de la France, limitant la capacité des dirigeants à prendre des décisions souveraines adaptées aux réalités locales. Cependant, au-delà de cette dépendance historique, un facteur interne majeur contribue à la marginalisation du Nord : la volonté d'enrichissement personnel des élites politiques.

De nombreux politiciens camerounais utilisent leur position pour s'enrichir personnellement, souvent au détriment du bien-être général de la population. Cette dynamique est particulièrement évidente dans les régions périphériques comme le Nord, où les élites locales, tout en étant proches de la population, détournent les ressources publiques à leur profit. Par exemple, dans le Nord du Cameroun, certains responsables locaux ont été observés utiliser les projets de développement non pas pour répondre aux besoins réels de leurs communautés, mais pour en tirer des avantages personnels. Comme le soulignent Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa dans La pacification par le « développement », ces initiatives de développement ont parfois été instrumentalisées par les élites locales pour consolider leur pouvoir ou enrichir leur entourage, au détriment de l’intérêt général.

Cette quête d'enrichissement personnel se manifeste également par des pratiques de corruption à différents niveaux de l'État. Selon un rapport de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), la corruption reste un problème majeur au Cameroun, avec des détournements de fonds publics et des pratiques de favoritisme qui entravent le développement. Les élites politiques, en concentrant les ressources et les opportunités entre leurs mains, perpétuent un système où les régions périphériques, comme le Nord, restent sous-développées.

Ces pratiques alimentent la pauvreté, le chômage et le sentiment d’abandon des populations. Cette marginalisation socio-économique crée un terrain propice aux tensions locales, à l’émergence de mouvements de contestation ou à l’infiltration de groupes armés qui exploitent le vide laissé par l’État. Elle est en partie renforcée par un déficit de citoyenneté active et rationnelle : la majorité des citoyens, désabusée par la corruption et l’inefficacité de l’État, se montre peu enclins à exiger des comptes à leurs dirigeants, affaiblissant ainsi leur sentiment d’appartenance à l’État. Cette passivité générale permet aux élites politiques de continuer à exploiter les ressources publiques sans contrôle ni responsabilité, tandis que la frustration accumulée parmi certains groupes alimente localement des tensions et de l’insécurité, perpétuant un cercle vicieux de sous-développement.

Dès lors, je pense que le sous-développement du Nord du Cameroun est le résultat d'une combinaison de facteurs historiques, politiques et sociaux, où la volonté d'enrichissement personnel des élites politiques joue un rôle central. Pour remédier à cette situation, il est impératif de promouvoir une gouvernance transparente, de renforcer la citoyenneté active et de mettre en place des mécanismes de contrôle efficaces pour garantir que les ressources publiques servent véritablement au bien-être de la population. Au-delà de tout cela atteindre la souveraineté économique et monétaire pour nous sortir des carcans de colonisation.

 

 

GE journaliste : L’opposition accuse le RDPC de verrouiller le système politique et de marginaliser les voix dissidentes. Qu’en pensez-vous ?

 

ETOGA : Je partage en partie cette analyse : je pense que le système politique est effectivement verrouillé, et je vais exposer dans mon propos les raisons qui me conduisent à cette conclusion.

Je considère que la concentration du pouvoir au Cameroun révèle un système où l’exécutif domine largement la sphère institutionnelle, limitant l’effectivité du multipartisme et des contre-pouvoirs. À mon sens, cette centralisation politique pose de sérieux défis à la démocratie et à la gouvernance.

Ma critique de la concentration du pouvoir

Je pense que lorsque le Président détient l’essentiel du pouvoir exécutif et institutionnel, le risque de dérive autoritaire est élevé, tout comme l’affaiblissement des mécanismes de contrôle et l’absence de réelle alternance politique. Selon moi, la domination du RDPC sur le Parlement (Assemblée nationale et Sénat) verrouille le débat législatif, réduisant la pluralité et l’innovation politique. Je remarque que les nominations dans l’administration, souvent motivées par des logiques de loyauté partisane, renforcent la mainmise du parti présidentiel sur l’ensemble de l’appareil d’État et limitent la capacité des partis d’opposition à exercer une influence, même lorsqu’ils sont légalement reconnus.

Nuance entre gouvernement, administration et partis politiques

Pour moi, il est essentiel de distinguer trois niveaux :

• Je considère que le gouvernement rassemble les ministres et secrétaires d’État nommés par le Président. Il exécute la politique nationale et reste responsable devant le chef de l’État.

• À mon sens, l’administration comprend les services techniques et bureaucratiques de l’État, chargés d’assurer la continuité et la neutralité administrative. Dans la pratique, je constate qu’elle est fortement politisée, notamment dans le haut encadrement, où nominations et promotions dépendent de l’allégeance politique.

• Quant aux partis politiques, je pense que, en dehors du RDPC, leur influence institutionnelle est limitée. Leur faiblesse se traduit selon moi par une incapacité à rencontrer les véritables aspirations du peuple : ils ne parlent pas le même langage que les citoyens et leurs actions sont souvent perçues comme motivées par des intérêts personnels plutôt que par l’intérêt général. La domination quasi-hégémonique du RDPC neutralise leur rôle comme force de proposition et transforme souvent l’administration et le gouvernement en prolongement direct de la stratégie présidentielle.

Je constate que le contrôle quasi-total du président sur le gouvernement, l’administration et le parti dominant centralise l’État, bride la transparence et la redevabilité, et bloque la délibération politique. Selon moi, ce verrouillage institutionnel favorise les réseaux de fidélité au détriment de l’innovation et de la contestation citoyenne. Je crois que la faiblesse des contre-pouvoirs institutionnels, combinée à la perception que chacun roule pour son intérêt personnel plutôt que pour le bien commun, souligne l’urgence d’une clarification des rôles et d’une réforme visant à garantir l’autonomie relative de l’administration et un pluralisme politique effectif.

Pour ma part, je considère que cette situation illustre un paradoxe central : malgré l’existence formelle d’institutions démocratiques et d’un multipartisme, la concentration du pouvoir et la faiblesse des partis d’opposition limitent fortement la représentativité des aspirations populaires et fragilisent l’État de droit. Je suis convaincu que, sans contre-pouvoirs effectifs, neutralité administrative et représentativité politique réelle, le système reste captif d’intérêts particuliers et peine à répondre aux besoins collectifs. Je pense donc qu’il est indispensable de réformer les institutions pour renforcer la transparence, la responsabilité et l’autonomie de chaque niveau – gouvernement, administration et partis – tout en rapprochant les élites politiques des véritables attentes de la population.

 

 

GUY EKWALLA 

Le Président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le Président du Conseil européen, M. Antonio Costa, le Président de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, M. Antonio Guterres, se sont réunis le 21 septembre 2025 au Siège de l'Organisation des Nations Unies à New York en marge de la quatre-vingtième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, ainsi que de hauts fonctionnaires des secrétariats.

Les trois organisations ont réaffirmé leur soutien au multilatéralisme en tant que moyen le plus efficace de relever les défis d'aujourd'hui. Ils ont condamné le nombre croissant de cas de non-respect du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits de l'homme. Ils ont examiné les efforts de paix en Afrique, y compris l'impératif de mettre fin à la guerre dévastatrice au Soudan en intensifiant l'appui collectif et la coordination en vue d'un dialogue politique sans exclusive en vue d'une cessation immédiate des hostilités et d'une solution durable du conflit. Ils ont également examiné les mesures visant à renforcer la lutte contre les groupes armés terroristes et à promouvoir la réconciliation et le développement dans le Sahel. Ils ont réaffirmé leur appui à la feuille de route des Nations Unies pour relancer le processus politique en Libye et ont réaffirmé leur engagement à faire face aux migrations conformément aux normes internationales en matière d'aide humanitaire et de droits de l'homme, notamment par l'intermédiaire de l'Équipe spéciale tripartite Union européenne-ONU sur la situation des migrants et des réfugiés en Libye. Ils ont exprimé leur appui aux initiatives de paix internationales et régionales en cours dans l'est de la République démocratique du Congo, conformément au communiqué adopté par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine lors de sa 1261 ère séance, le 14 février 2025, et de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ils ont réaffirmé leur appui à la Mission d’appui et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie, en exhortant les donateurs soutenus et élargis à verser des contributions pour assurer l’exécution efficace du mandat de la mission. En outre, ils ont procédé à un échange de vues sur les examens en cours des opérations de paix visant à relever plus efficacement les nouveaux défis en Afrique et au-delà. Ils se sont félicités des efforts déployés et ont demandé que de nouveaux progrès soient accomplis en ce qui concerne la mise en œuvre de la résolution 2719 (2023) du Conseil de sécurité sur le financement prévisible des opérations de soutien de la paix menées par l'Union africaine au cas par cas.

Les trois organisations ont réaffirmé leur engagement collectif à promouvoir une paix et un développement durables en Afrique, conformément à l'Agenda 2063 de l'Union africaine et au Programme de développement durable des Nations Unies à l'horizon 2030. Ils ont noté l'approfondissement du partenariat entre l'Afrique et l'Europe, conformément à leur vision commune pour 2030, et le prochain sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne, prévu en novembre 2025, à Luanda, en Angola.

Les trois organisations ont souligné l'importance de la mise en œuvre de l'Engagement de Séville pour faciliter le financement du développement, catalyser les investissements et relever les défis de la dette des pays en développement. Ils se sont déclarés préoccupés par les perturbations provoquées par le climat qui s'intensifiaient dans le monde entier, qui touchent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, et ont appelé à des engagements ambitieux lors de la COP30 prévue du 10 au 21 novembre 2025 au Brésil. En outre, ils ont commémoré le 25e anniversaire de l'adoption de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, et se sont engagés à accélérer la participation pleine, égale et significative des femmes aux processus de consolidation de la paix.

Les trois organisations sont convenues de se réunir à nouveau en 2026, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

source Conseil Européen

 

 

Le Cameroun se prépare à vivre une nouvelle page de son histoire politique le 12 octobre 2025. À Bruxelles, où se joue une partie de la diaspora, le dispositif électoral est fin prêt. Sous la houlette de Madame Sadou, membre du Conseil Électoral d’Élecam, une séance de travail s’est tenue au sein de la chancellerie camerounaise. Autour de la table : les représentants du RDPC, du PCRN et du SDF. Ensemble, ils ont scruté chaque détail : listes électorales, matériel de vote, cartes disponibles.

Le verdict est clair : le processus électoral à Bruxelles est abouti. Les équipes d’Élecam ont tenu leur pari en garantissant un dispositif crédible, opérationnel et transparent.

Mais un problème subsiste, et il ne dépend pas des organisateurs : la participation des électeurs. Près de 700 cartes dorment encore dans les tiroirs d’Élecam Bruxelles. En 2025, seuls 400 électeurs se sont inscrits, la machine électorale est en marche, mais elle risque de tourner à vide si les citoyens ne répondent pas présents.

Ce scrutin n’appartient pas à Élecam, ni aux partis politiques. Il appartient aux électeurs. Ceux qui veulent peser dans l’avenir du Cameroun doivent comprendre que leur voix est leur seule arme démocratique. Attendre la dernière minute pour retirer sa carte est une habitude… mais cette fois-ci, c’est un pari risqué.

Le processus est prêt. Le dispositif est solide. La balle est désormais dans le camp des électeurs.

 

guy EKWALLA

 

Du 12 au 15 septembre 2025, Amsterdam a accueilli le Salon international de l’audiovisuel et du son, un rendez-vous incontournable pour les professionnels des médias, des technologies et de la production.

Parmi les grandes annonces, les démonstrations de caméras en 18K ont marqué une étape clé dans l’évolution de la qualité d’image, dépassant largement la haute définition. Le studio virtuel a également été mis en avant : il remplace peu à peu le fond vert traditionnel, offrant des décors immersifs générés en temps réel pour enrichir les productions télévisées et numériques.  https://youtu.be/rVYA48xHYM4

L’innovation ne s’arrête pas là. Les antennes satellites intelligentes, intégrant désormais l’intelligence artificielle, ouvrent de nouvelles perspectives pour une diffusion plus rapide, plus précise et plus autonome à l’échelle mondiale.

Avec ces avancées, le salon audiovisuel d’Amsterdam 2025 confirme sa place comme vitrine mondiale de l’innovation. Reste une question essentielle : à quoi ressemblera la télévision du futur ?

GUY EKWALLA


https://youtu.be/rVYA48xHYM4

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