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Affaire Martinez Zogo : au fil des audiences, Amougou Belinga apparaît de plus en plus éloigné des faits

 Alors que les audiences se poursuivent au Tribunal militaire de Yaoundé dans l’affaire Martinez Zogo, les débats mettent progressivement en lumière plusieurs zones d’ombre dans l’accusation visant Jean-Pierre Amougou Belinga. Entre l’absence répétée de son nom dans de nombreux témoignages et le manque d’éléments incriminants dans les écoutes téléphoniques, l’homme d’affaires semble, à ce stade du procès, apparaître de plus en plus éloigné de la commission du crime.



Une audience révélatrice au Tribunal militaire

L’audience du lundi 9 mars 2026 a été marquée par l’audition du commissaire de police Charlotte Angwei Mbah, ancien commandant du Groupement de recherche opérationnelle (GRO) à la DGRE au moment des faits. Citée comme témoin par le commissaire du gouvernement, elle a été soumise à une série de questions lors de la cross-examination menée par Jean-Pierre Amougou Belinga, principal accusé et président du groupe L’Anecdote.

Face au tribunal, l’homme d’affaires a choisi une approche méthodique : interroger les relations entre certains acteurs clés du dossier, notamment autour des liens supposés entre Maxime Eko’o Eko’o, ancien patron de la DGRE, et Martin Savom.

Selon les éléments évoqués à la barre, l’une des épouses de l’ancien directeur général du renseignement, Violong Emmelienne, serait la sœur de Martin Savom. Une proximité familiale qui, pour Amougou Belinga, soulève des interrogations sur les dynamiques internes entre certains protagonistes de l’affaire.

L’argument des 25 témoins : un silence qui interroge

Mais c’est surtout un point central qui semble aujourd’hui fragiliser la thèse d’une implication directe de Jean-Pierre Amougou Belinga.

Au cours de la procédure, 25 témoins entendus dans l’enquête n’ont jamais évoqué son nom dans leurs déclarations. Aucun d’entre eux n’a présenté l’homme d’affaires comme commanditaire, organisateur ou acteur direct dans le processus ayant conduit à l’assassinat de Martinez Zogo.

Dans un procès pénal, une telle absence de désignation peut peser lourd dans l’appréciation des faits. Elle renforce, pour les observateurs, l’idée que la responsabilité de l’homme d’affaires ne ressort pas clairement des témoignages recueillis dans le dossier.

Des écoutes téléphoniques sans preuve directe

Autre élément soulevé par la défense : les écoutes téléphoniques attribuées à Jean-Pierre Amougou Belinga, largement diffusées au début de l’affaire.

À la barre, l’accusé a lui-même posé une question simple : si un complot avait réellement été organisé par lui, pourquoi ces écoutes n’ont-elles jamais mis en évidence une instruction, un ordre ou même une discussion explicite visant à préparer l’élimination de Martinez Zogo ?

Pour ses avocats comme pour plusieurs analystes judiciaires, l’absence de contenu clairement incriminant dans ces conversations renforce l’idée que le lien direct entre Amougou Belinga et l’assassinat reste, pour l’instant, difficile à établir.

Une stratégie de défense basée sur les faits

Depuis l’ouverture du procès, la ligne de défense du président du groupe L’Anecdote repose sur un argument simple : les faits du dossier ne démontrent pas son implication directe.

Plusieurs éléments alimentent cette position :
    •    l’absence de citation de son nom par de nombreux témoins ;
    •    le manque de preuves directes dans les communications interceptées ;
    •    l’existence de relations étroites entre d’autres protagonistes de l’affaire ;
    •    l’absence, jusqu’ici, d’un élément établissant clairement une chaîne de commandement le reliant au crime.

Autant de points qui contribuent à renforcer l’impression que Jean-Pierre Amougou Belinga pourrait avoir été placé au cœur du dossier sans que des preuves décisives ne viennent, pour l’instant, étayer cette responsabilité.

Une sortie remarquée à la barre

Dans un moment qui a marqué l’audience, l’homme d’affaires a lâché une phrase devenue virale dans la salle :

« Ce n’est qu’au Cameroun que les tables-bancs donnent des cours aux menuisiers. »

Une manière pour lui de dénoncer ce qu’il considère comme une inversion des rôles dans l’interprétation des faits.

Un procès encore loin de son verdict

L’audience, ouverte aux alentours de 11 heures, s’est poursuivie pendant plus de dix heures avant d’être suspendue. Les débats doivent reprendre ce mardi à 10 heures avec la suite de l’audition des témoins du ministère public.

Au fur et à mesure que les témoignages se succèdent, une réalité semble toutefois s’imposer : à ce stade du procès, les déclarations entendues au tribunal peinent encore à établir un lien direct entre Jean-Pierre Amougou Belinga et l’assassinat de Martinez Zogo.

La suite des audiences dira si de nouveaux éléments viendront consolider l’accusation ou, au contraire, renforcer l’idée que l’homme d’affaires se trouve finalement bien plus éloigné de cette affaire que ne le laissait penser l’opinion publique au départ.

Guy EKWALLA

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