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Affaire Martinez Zogo : quand les témoignages rebattent les cartes au tribunal militaire

L’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, qui continue de susciter une forte émotion au Cameroun et au sein de la diaspora. Connais un tournant significatif à la suite des récentes déclarations de l’agent de renseignement Alain Ekassi. Ses témoignages, livrés dans un contexte judiciaire particulièrement sensible, contribuent à redessiner les lignes d’analyse d’un dossier déjà marqué par de nombreuses zones d’ombre.

Selon les propos attribués à Alain Ekassi, ce dernier met directement en cause l’ancien maire de Bibey, Martin Savom, qu’il désigne comme un acteur central dans la chaîne des événements ayant conduit à la mort du journaliste. Plus encore, l’agent affirme n’avoir jamais entretenu le moindre contact avec la Direction générale du renseignement extérieur (DGRE), institution longtemps évoquée, explicitement ou implicitement, dans l’opinion publique comme un rouage possible de l’affaire.

Cette déclaration est loin d’être anodine. Elle tend à affaiblir l’hypothèse d’une implication structurelle de certains services de renseignement et pourrait, à ce titre, conforter le travail d’instruction mené par le juge Sikati II. Ce dernier avait, rappelons-le, signé une levée d’écrou en faveur de Jean-Pierre Amougou Belinga, présenté jusqu’ici comme le principal suspect dans ce dossier à forte charge politique et médiatique.

D’un point de vue strictement juridique, les propos d’Alain Ekassi posent une question centrale : celle de la cohérence globale de l’accusation. Si l’agent de renseignement nie tout lien opérationnel avec la DGRE et réoriente la responsabilité vers des acteurs civils identifiés, l’architecture de l’accusation initiale s’en trouve fragilisée. Or, en droit pénal, et plus encore devant une juridiction militaire, la charge de la preuve demeure un impératif cardinal.

Dans ce contexte, la situation de Jean-Pierre Amougou Belinga mérite une relecture rigoureuse, détachée des pressions émotionnelles et des narratifs préconçus. En l’état des éléments rendus publics, et en tenant compte des témoignages versés au dossier, une issue semble s’imposer sur le plan procédural : la relaxe du prévenu, faute d’éléments suffisamment probants établissant sa responsabilité directe ou indirecte dans les faits reprochés.

Il appartient désormais au tribunal militaire de trancher, non sur la base des perceptions ou des attentes de l’opinion, mais au regard exclusif du droit et des faits judiciairement établis. Dans une affaire aussi emblématique, l’enjeu dépasse les individus concernés : il touche à la crédibilité de l’institution judiciaire et à sa capacité à garantir un procès équitable, même sous le poids d’une forte pression nationale.

L’affaire Martinez Zogo entre ainsi dans une phase décisive, où la rigueur juridique devra prévaloir sur l’émotion, et où chaque témoignage devra être apprécié à l’aune de sa valeur probante, et non de son impact médiatique.

GUY EKWALLA

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